Apprendre à lire ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un processus qui demande du temps, de la pratique et beaucoup de patience. Certains enfants commencent à lire avec aisance dès les premières années de l’école primaire, tandis que d’autres ont besoin de plus de temps pour développer des compétences comme reconnaître les mots, lire avec fluidité ou comprendre ce qu’ils viennent de lire.
De nombreuses difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans font partie du processus normal d’apprentissage. En revanche, lorsque ces difficultés persistent pendant plusieurs mois, provoquent de la frustration ou commencent à avoir un impact sur les résultats scolaires, il est important d’y prêter attention.
Les difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans ne signifient pas toujours qu’un enfant présente un trouble des apprentissages, mais elles peuvent constituer l’un des premiers signes indiquant qu’il a besoin d’un accompagnement supplémentaire. Les repérer suffisamment tôt permet d’intervenir avant qu’elles n’entraînent une perte de confiance, un rejet de la lecture ou un écart grandissant avec les autres élèves de sa classe.
Dans cet article, nous allons découvrir les principales difficultés de lecture qui peuvent apparaître entre 6 et 10 ans, les signes d’alerte auxquels il faut être attentif et les situations dans lesquelles il est recommandé de consulter un professionnel. Toutes les informations présentées s’appuient sur les recommandations d’organismes tels que l’Association Espagnole de Pédiatrie de Soins Primaires (AEPap), le National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) et l’International Dyslexia Association.
Que sont les difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans ?
Lorsqu’un enfant apprend à lire, il est tout à fait normal qu’il fasse des erreurs. Il peut confondre certaines lettres, lire lentement ou s’arrêter régulièrement pour déchiffrer un mot plus long. Durant les premières années de l’école primaire, ces difficultés font partie de l’apprentissage et s’améliorent généralement avec la pratique.
Ce qui préoccupe les spécialistes, ce ne sont pas les erreurs occasionnelles, mais les difficultés qui persistent dans le temps, malgré un enseignement adapté et une pratique régulière de la lecture.
Les difficultés de lecture peuvent toucher différentes compétences. Certains enfants ont du mal à associer les lettres aux sons correspondants, d’autres lisent très lentement, tandis que certains parviennent à lire correctement les mots sans pour autant comprendre ce qu’ils viennent de lire.
Par conséquent, parler de difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans ne revient pas uniquement à parler de dyslexie. Cette expression englobe également les difficultés liées à la précision de la lecture, à la fluidité ou encore à la compréhension des textes.
Selon le NICHD, les troubles de la lecture peuvent se manifester par des difficultés à reconnaître des mots familiers, à lire avec précision, à comprendre un texte écrit ou à orthographier correctement les mots. Ces difficultés ne sont pas liées à l’intelligence de l’enfant ni à son envie d’apprendre, mais à la manière dont son cerveau traite le langage écrit.
L’un des troubles les plus connus est la dyslexie, un trouble spécifique des apprentissages qui affecte principalement la lecture. Les recherches montrent que son origine est essentiellement liée au traitement phonologique, c’est-à-dire à la capacité de reconnaître et de manipuler les sons qui composent les mots. Pendant longtemps, on a cru à tort que la dyslexie était un problème visuel en raison des inversions de lettres. Aujourd’hui, nous savons que ces inversions, notamment entre 6 et 8 ans, peuvent également être observées chez des enfants dont le développement de la lecture est parfaitement normal.
Par exemple, confondre les lettres b et d, ou inverser certaines syllabes au début de l’école primaire, ne suffit pas à évoquer une dyslexie. Ce qui compte avant tout, c’est d’observer l’ensemble du développement de la lecture et de vérifier si ces difficultés disparaissent progressivement à mesure que l’enfant acquiert de l’expérience.
Il est également essentiel de distinguer un rythme d’apprentissage plus lent d’un véritable trouble des apprentissages. Chaque enfant évolue à son propre rythme. Toutefois, lorsque les difficultés persistent pendant au moins six mois, qu’elles ont un impact sur les apprentissages scolaires et qu’elles demeurent malgré un accompagnement adapté, les recommandations cliniques préconisent une évaluation plus approfondie.
En d’autres termes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter simplement parce qu’un enfant met un peu plus de temps que les autres à apprendre à lire. Ce qui est réellement important, c’est de vérifier qu’il continue à progresser au fil des mois et que son apprentissage ne semble pas stagner.
Tous les enfants rencontrent-ils les mêmes difficultés ?
Pas forcément.
Les signes d’alerte évoluent au fur et à mesure que l’enfant progresse dans son apprentissage de la lecture. Ce qui est tout à fait normal en CP peut devenir préoccupant deux ans plus tard.
C’est pourquoi les spécialistes préfèrent évaluer les difficultés en fonction du stade de développement de la lecture plutôt que de se baser uniquement sur l’âge de l’enfant. Durant les premières années de l’école primaire, l’objectif principal est d’apprendre à décoder les mots. Par la suite, ce décodage doit devenir progressivement automatique afin de libérer des ressources cognitives pour la compréhension. Lorsque cette automatisation ne se met pas en place, les difficultés de lecture deviennent généralement plus visibles à mesure que les exigences scolaires augmentent.
Dans la partie suivante, nous verrons quels sont les principaux signes d’alerte des difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans et à quel moment il est recommandé de demander l’aide d’un professionnel.
Difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 7 ans : les signes d’alerte
Les premières années de l’école primaire sont une période riche en apprentissages. À cet âge, les enfants passent progressivement de la reconnaissance des lettres et des sons à la lecture autonome de mots et de phrases simples.
À ce stade, il est tout à fait normal de faire des erreurs. Lire lentement, déchiffrer les mots syllabe par syllabe ou confondre certaines lettres fait partie de l’apprentissage. L’essentiel est d’observer une progression au fil du temps.
Lorsque cette progression est très limitée, voire absente, il est préférable d’y prêter une attention particulière.
L’un des premiers signes d’alerte concerne souvent la relation entre les lettres et les sons. Certains enfants ont beaucoup de mal à mémoriser le son correspondant à chaque lettre ou ont besoin d’un effort important pour lire des mots pourtant très simples. C’est comme si chaque nouvelle lecture recommençait à zéro, sans que le cerveau ne parvienne progressivement à automatiser ce mécanisme.
Ils peuvent également éprouver des difficultés à reconnaître les rimes, à découper les mots en syllabes ou à jouer avec les sons du langage. Même si ces activités semblent anodines, elles reposent sur ce que l’on appelle la conscience phonologique, une compétence considérée par la recherche comme essentielle pour apprendre à lire efficacement.
Un autre signe fréquent est une lecture très lente, mot après mot, avec de nombreuses hésitations, même après plusieurs mois de pratique. Au lieu de reconnaître un mot d’un seul coup d’œil, l’enfant doit encore déchiffrer presque chaque lettre. La lecture devient alors laborieuse, fatigante et souvent décourageante.
À cet âge, il est également courant que certains enfants remplacent un mot par un autre qui lui ressemble visuellement ou devinent un mot qu’ils ne parviennent pas à déchiffrer. Si ces erreurs restent occasionnelles, elles ne sont généralement pas préoccupantes. En revanche, lorsqu’elles sont constantes et qu’elles diminuent très peu avec le temps, il est conseillé d’en parler avec l’enseignant.
Certains enfants commencent même à éviter de lire à voix haute. Ils disent qu’ils sont fatigués, qu’ils ont mal à la tête ou trouvent toutes sortes d’excuses pour laisser quelqu’un d’autre lire à leur place. Il ne s’agit pas forcément d’un problème de comportement. Bien souvent, ils ont simplement compris que lire leur demande beaucoup plus d’efforts qu’aux autres enfants.
Les signes d’alerte entre 7 et 8 ans
À partir du CE1, une étape importante est franchie.
L’objectif n’est plus seulement d’apprendre à lire, mais aussi de lire pour apprendre.
À ce stade, la plupart des enfants reconnaissent déjà de nombreux mots automatiquement et lisent de petites histoires avec une fluidité croissante. Ils font encore des erreurs, bien sûr, mais la lecture leur demande de moins en moins d’efforts.
Lorsque des difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans sont présentes, cette automatisation se met souvent en place beaucoup plus lentement.
L’enfant peut continuer à lire très lentement, en déchiffrant presque tous les mots ou en s’arrêtant sans cesse pour comprendre ce qui est écrit. Pendant que ses camarades se concentrent déjà sur le sens de l’histoire, lui consacre encore l’essentiel de son énergie à reconnaître les mots.
Cela entraîne une conséquence importante.
Lorsque le cerveau mobilise presque toutes ses ressources pour déchiffrer les mots, il lui en reste beaucoup moins pour comprendre le texte. C’est pourquoi de nombreux enfants arrivent à la fin d’un paragraphe sans être capables d’expliquer ce qu’ils viennent de lire. Ce n’est pas qu’ils n’étaient pas attentifs : toute leur énergie était consacrée au décodage.
On peut également observer des substitutions de mots, l’omission de petits mots comme le, la, un, de, des inversions de syllabes ou des difficultés à lire des mots longs.
À la maison, un autre signe apparaît souvent : les devoirs prennent beaucoup plus de temps qu’auparavant. Non pas parce que l’enfant travaille lentement de manière générale, mais parce que toutes les activités qui nécessitent de lire des consignes, de résoudre des problèmes écrits ou d’étudier une leçon lui demandent un effort bien plus important.
Peu à peu, ces difficultés peuvent également affecter sa confiance en lui.
Certains enfants commencent à dire : « Je suis nul en lecture » ou « Je n’y arriverai jamais ». D’autres cessent tout simplement de choisir des livres parce qu’ils associent désormais la lecture à une expérience frustrante.
C’est précisément pour cette raison que les spécialistes insistent sur l’importance d’une prise en charge précoce. Plus les difficultés sont identifiées rapidement, plus il est facile d’aider l’enfant avant que le sentiment d’échec ne s’installe durablement.
Les signes d’alerte entre 8 et 10 ans
À partir du CE2 et du CM1, la lecture devrait être devenue une compétence largement automatisée.
Les enfants doivent désormais lire des textes plus longs, découvrir un vocabulaire plus riche et réaliser des activités qui leur demandent de comprendre, résumer ou tirer des conclusions à partir de ce qu’ils lisent. À ce stade, il ne suffit plus de lire correctement : il faut également comprendre et interpréter les informations.
Lorsque les difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans persistent, elles deviennent généralement beaucoup plus visibles.
Certains enfants continuent de lire beaucoup plus lentement que ce qui est attendu pour leur âge. Ils doivent relire plusieurs fois le même paragraphe parce qu’ils perdent le fil de leur lecture ou oublient rapidement ce qu’ils viennent de lire.
D’autres lisent avec une précision relativement correcte mais rencontrent d’importantes difficultés de compréhension. Ils peinent à identifier l’idée principale, à reformuler le texte avec leurs propres mots ou à répondre à des questions simples sur ce qu’ils viennent de lire.
Ils peuvent également avoir des difficultés à apprendre un nouveau vocabulaire, à mémoriser des informations écrites ou à suivre des consignes composées de plusieurs étapes.
À l’école, ces difficultés commencent alors à avoir des répercussions dans pratiquement toutes les matières. Elles ne concernent plus uniquement le français. Les sciences, l’histoire, les mathématiques ou encore la géographie demandent toutes de lire et de comprendre des informations écrites, ce qui peut affecter l’ensemble des résultats scolaires.
Les familles pensent parfois que leur enfant manque d’attention ou se déconcentre facilement. Pourtant, c’est souvent l’inverse : il fournit un effort considérable pour parvenir à lire, mais cet effort ne lui laisse presque plus de ressources pour comprendre le contenu.
À ce stade, la frustration augmente généralement. Beaucoup d’enfants évitent de lire à voix haute en classe, perdent le goût de la lecture ou développent une faible estime d’eux-mêmes sur le plan scolaire, parce qu’ils ont l’impression d’être constamment en retard par rapport aux autres.
C’est pourquoi, lorsque ces difficultés persistent malgré le soutien reçu à la maison et à l’école, les recommandations cliniques conseillent de réaliser une évaluation spécialisée afin d’en identifier l’origine et de mettre en place l’accompagnement le plus adapté.
Quand faut-il consulter un professionnel ?
De nombreux parents se posent la même question : faut-il attendre encore un peu ou est-il temps de demander de l’aide ?
La réponse dépend moins de l’âge de l’enfant que de l’évolution de ses apprentissages.
Tous les enfants n’apprennent pas à lire au même rythme, et les comparer constamment à leurs camarades peut susciter des inquiétudes inutiles. En revanche, un signe mérite une attention particulière : lorsque les difficultés persistent pendant plusieurs mois sans réelle amélioration, malgré une pratique régulière de la lecture et un enseignement adapté.
Les recommandations de l’Association Espagnole de Pédiatrie de Soins Primaires (AEPap) et du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) soulignent qu’il n’est pas conseillé d’adopter une attitude consistant à « attendre pour voir » lorsque les difficultés persistent. Plus leur origine est identifiée tôt, plus il est possible de mettre rapidement en place un accompagnement adapté.
Par exemple, si un enfant termine le CP et rencontre encore de grandes difficultés à reconnaître des mots simples, à lire avec une certaine fluidité ou à comprendre de courts textes, il est recommandé d’en parler avec son enseignant et son pédiatre. Si nécessaire, ils pourront orienter la famille vers un professionnel spécialisé afin de réaliser une évaluation plus approfondie.
Cette évaluation n’a pas pour objectif de poser une étiquette, mais de comprendre précisément ce qui se passe. Dans certains cas, il peut simplement s’agir d’un retard de développement qui s’améliorera grâce à un accompagnement ciblé. Dans d’autres, elle permettra de confirmer un trouble spécifique des apprentissages, comme la dyslexie, afin de mettre en place une prise en charge adaptée.
Selon les situations, plusieurs professionnels peuvent intervenir. Les psychologues de l’Éducation nationale ou les psychopédagogues évaluent généralement les compétences en lecture et les apprentissages scolaires. Les orthophonistes analysent le langage oral, le traitement phonologique et les compétences en lecture. Lorsque d’autres troubles sont suspectés, des neuropédiatres, neuropsychologues ou psychologues spécialisés peuvent également être sollicités.
Le plus important est de comprendre que demander de l’aide ne signifie pas que l’enfant présente un problème grave. Au contraire, cela lui offre la possibilité de bénéficier rapidement du soutien dont il a besoin avant que ses difficultés n’affectent sa motivation, sa confiance en lui ou sa réussite scolaire.
Comment aider un enfant qui rencontre des difficultés de lecture ?
L’une des principales préoccupations des familles est de savoir comment accompagner leur enfant à la maison. Beaucoup pensent qu’il suffit de lui faire lire davantage chaque jour. Pourtant, les recherches montrent que l’essentiel n’est pas de lire plus, mais de mieux lire.
L’objectif ne devrait pas être de transformer la lecture en obligation, mais de créer des expériences positives qui permettent à l’enfant de progresser sans augmenter sa frustration.
Lire ensemble reste l’une des meilleures stratégies
Cela peut sembler évident, mais il s’agit toujours de l’une des méthodes les plus efficaces selon les études scientifiques.
Lire avec un adulte permet à l’enfant d’entendre une lecture fluide, d’enrichir son vocabulaire et de mieux comprendre le sens du texte. C’est aussi l’occasion de partager un moment agréable, plutôt que de le laisser seul face à ses difficultés.
Il n’est pas nécessaire d’y consacrer une heure par jour. Dix à quinze minutes de lecture calme suffisent souvent, en prenant le temps d’échanger sur l’histoire, les personnages ou les événements.
L’objectif n’est pas de terminer le livre rapidement, mais de prendre plaisir à lire ensemble.
Choisir des livres adaptés à son niveau
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à choisir les livres uniquement en fonction de l’âge de l’enfant.
Lorsqu’il existe des difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans, il est beaucoup plus utile de sélectionner des ouvrages adaptés à leur niveau réel de lecture.
Si le texte est trop difficile, chaque page devient un obstacle supplémentaire et la lecture se transforme rapidement en expérience décourageante.
À l’inverse, lorsqu’un livre représente un défi raisonnable sans être insurmontable, l’enfant gagne progressivement en confiance et améliore sa fluidité de lecture.
Il vaut donc mieux qu’il termine un livre avec le sentiment de « J’y suis arrivé ! » plutôt qu’il l’abandonne parce qu’il le trouve trop difficile.
Parler de ce qui a été lu
On se concentre souvent sur la capacité de l’enfant à lire correctement les mots, alors que le véritable objectif est de comprendre ce qu’il lit.
Après une lecture, vous pouvez lui poser des questions simples comme :
- Quel personnage as-tu préféré ?
- Que penses-tu qu’il va se passer ensuite ?
- Pourquoi ce personnage a-t-il agi ainsi ?
- Et toi, qu’aurais-tu fait à sa place ?
Il ne s’agit pas de lui faire passer un examen.
L’idée est simplement d’échanger.
Ces conversations favorisent la compréhension de lecture et permettent à l’enfant de faire des liens entre l’histoire et sa propre expérience.
Respecter le rythme d’apprentissage de chaque enfant
Chaque enfant a besoin d’un temps différent pour devenir un lecteur autonome.
Le comparer sans cesse à ses frères et sœurs, à ses amis ou à ses camarades de classe produit généralement l’effet inverse de celui recherché. Au lieu de le motiver, cela renforce son sentiment d’échec.
Des phrases comme « Ton frère lisait déjà beaucoup mieux à ton âge » ou « Si tu faisais plus d’efforts, tu y arriverais » peuvent nuire à son estime de soi.
À l’inverse, il est préférable de valoriser chaque petit progrès.
Parfois, une victoire consiste simplement à lire une page avec un peu moins d’effort que la semaine précédente. Et cela mérite d’être encouragé.
Se méfier des méthodes sans fondement scientifique
Lorsque les parents cherchent des solutions, ils trouvent facilement des méthodes qui promettent des résultats rapides.
Pourtant, des organismes comme l’American Academy of Pediatrics ou l’International Dyslexia Association rappellent que beaucoup de ces approches ne reposent sur aucune preuve scientifique solide.
À ce jour, les interventions qui ont démontré leur efficacité sont celles qui travaillent de manière explicite la conscience phonologique, les correspondances entre les lettres et les sons, la fluidité de lecture et la compréhension, toujours en fonction des besoins spécifiques de chaque enfant.
Il n’existe ni lunettes spéciales, ni exercices visuels, ni méthode miracle capables de faire disparaître un trouble de la lecture.
La lecture a aussi besoin de confiance
Au-delà des stratégies pédagogiques, un aspect est souvent négligé.
Un enfant qui accumule les échecs en lecture finit souvent par éviter les livres.
C’est pourquoi il est essentiel de prendre également soin de son bien-être émotionnel. Valoriser ses progrès, éviter les comparaisons et lui permettre de vivre des expériences positives avec les livres peut faire une énorme différence.
Après tout, personne n’apprend sereinement lorsqu’il a peur de se tromper.
Des livres pour accompagner l’apprentissage de la lecture entre 6 et 10 ans
Aucun livre ne peut, à lui seul, résoudre les difficultés de lecture. En revanche, certaines histoires peuvent aider les enfants à retrouver confiance en eux et à redécouvrir le plaisir de lire.
Lorsqu’un enfant a le sentiment que lire est trop difficile, il finit souvent par se détourner des livres. Il est donc essentiel de choisir des ouvrages adaptés à son niveau, avec un vocabulaire accessible, des chapitres de longueur raisonnable et des histoires capables de susciter sa curiosité.
Si vous recherchez des livres pour les enfants de 6 ans, privilégiez des histoires aux phrases courtes, accompagnées d’illustrations et d’un vocabulaire familier. À cet âge, l’objectif est de consolider les bases de la lecture sans que l’effort ne prenne le dessus sur le plaisir.
À mesure que les enfants gagnent en aisance, les livres pour les enfants de 7 ans peuvent proposer des chapitres un peu plus longs et des personnages auxquels ils s’identifient facilement. Le plus important reste de leur permettre de terminer chaque lecture avec un sentiment de réussite.
Les livres pour les enfants de 8 ans peuvent déjà présenter des intrigues plus développées, à condition qu’elles correspondent au niveau de compréhension de l’enfant. Les histoires d’aventure, d’humour ou de mystère sont souvent particulièrement motivantes.
Parmi les livres pour les enfants de 9 ans, beaucoup apprécient les récits offrant davantage de profondeur émotionnelle ou mettant en scène des personnages confrontés à des situations proches de leur quotidien. Ces lectures favorisent à la fois la compréhension et l’empathie.
Enfin, les livres pour les enfants de 10 ans peuvent introduire un vocabulaire plus riche et des histoires plus complexes, tout en respectant le rythme de chaque lecteur. L’objectif n’est pas de choisir les livres les plus difficiles, mais ceux qui donnent envie de tourner la page suivante.
Chez Nöpp, nous sommes convaincus que la lecture ne devrait jamais être vécue comme une obligation. Notre objectif est de proposer des livres qui accompagnent le développement de chaque enfant, grâce à des histoires qui éveillent la curiosité, l’imagination et le plaisir de lire.
L’essentiel n’est pas de lire plus tôt, mais d’aimer lire
Chaque enfant apprend à lire à son propre rythme. Certains ont simplement besoin d’un peu plus de temps pour acquérir une lecture fluide, tandis que d’autres nécessitent un accompagnement spécifique afin de surmonter certaines difficultés. Aucune de ces situations ne définit leur intelligence ni leur potentiel.
L’essentiel est d’observer leur évolution, de repérer les signes d’alerte suffisamment tôt et de leur apporter l’aide dont ils ont besoin au bon moment. Une intervention précoce peut éviter de nombreuses difficultés futures et, surtout, préserver leur confiance en eux.
N’oublions pas une chose essentielle : lire ne consiste pas seulement à reconnaître des mots. Lire, c’est comprendre, imaginer, découvrir, ressentir des émotions et prendre du plaisir. Lorsqu’un enfant associe les livres à des expériences positives, il développe bien plus facilement le goût de la lecture pour toute la vie.
Questions fréquentes
Est-il normal qu’un enfant de 6 ans lise lentement ?
Oui. Durant les premières années de l’école primaire, il est tout à fait normal que les enfants lisent lentement pendant qu’ils automatisent progressivement les correspondances entre les lettres et les sons. L’important est de constater une évolution régulière au fil des mois.
Confondre les lettres « b » et « d » signifie-t-il que mon enfant est dyslexique ?
Pas nécessairement. Les inversions de lettres font partie du développement normal de nombreux enfants au début de l’apprentissage de la lecture. Elles ne deviennent préoccupantes que lorsqu’elles persistent au-delà de l’âge attendu et s’accompagnent d’autres signes d’alerte.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Il est conseillé de consulter un professionnel lorsque les difficultés de lecture persistent pendant plusieurs mois, ont un impact sur la scolarité ou conduisent l’enfant à éviter la lecture, malgré un enseignement adapté et une pratique régulière.
Lire davantage chaque jour permet-il de résoudre le problème ?
Pas toujours. La qualité de la lecture est tout aussi importante que la quantité. Lire avec un adulte, choisir des livres adaptés au niveau de l’enfant et utiliser des stratégies fondées sur des preuves scientifiques sont généralement beaucoup plus efficaces que de lui demander simplement de lire plus longtemps.
Repérer rapidement les difficultés de lecture chez les enfants de 6 à 10 ans permet d’intervenir avant qu’elles n’affectent leur confiance en eux, leur motivation ou leur réussite scolaire. Avec un accompagnement adapté et des expériences de lecture positives, la plupart des enfants peuvent progresser et découvrir que les livres sont une formidable source d’apprentissage, d’imagination et de plaisir.
Bibliographie
- American Academy of Pediatrics. Learning Disabilities, Dyslexia, and Vision. Pediatrics.
- Asociación Española de Pediatría de Atención Primaria (AEPap). Trastorno específico del aprendizaje.
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- Lyon GR, Shaywitz SE, Shaywitz BA. A definition of dyslexia. Annals of Dyslexia.
- National Institute of Child Health and Human Development (NICHD). Información sobre el desarrollo de la lectura y dificultades lectoras.
- Snowling MJ, Hulme C. The Science of Reading. Blackwell Publishing.
- World Health Organization (WHO). Clasificación Internacional de Enfermedades (ICD-11): Trastornos específicos del aprendizaje.
